28 octobre 2009
L'Accouchement
Le moment tant attendu est venu.
Les contractions sont toutes les 3 minutes ... Ou là, c'est rapide ! On n'est pas sensé passer par le stade contractions toutes les 10 minutes, puis toutes les 5 minutes, ...
Pas le temps de prendre un vrai petit déjeuner, mais de toute façon ... pas envie.
Vite vite, on décolle pour la maternité. " L'appareil photo, il est où. Il était posé sur la marche dans l'escalier, il n'y est pas. Tu ne l'a pas déjà pris ? Non. Ah ! Je l'avais déjà rangé dans la valise ... "
Je suis contente de voir les filles avant de partir pour leur expliquer que le moment est venu. Si j'avais dû décoller pour la maternité en plein milieu de la nuit, j'aurai trouvé ça frustrant ... et les filles aussi. Il est sympa p'tit bout de nous avoir laissé passer la nuit.
On monte en voiture, on voit sortir la tête de la voisine (prévenue quelques minutes auparavant) avec une moue pour me donner du courage.
Cette foutue route est vraiment cabossée ... ça n'aide pas à gérer les contractions. Mais je gère quand même.
Arrivée à la maternité, je suis prise en charge rapidement à 9 heures. Prise de sang pour vérifier mon taux de plaquettes (qui avait été un peu fluctuant pendant la grossesse) entre autre.
Le travail a bel et bien commencé, mon col est dilaté à 4,5 cm. "Ce sera pour aujourd'hui madame".
Dès qu'on aura les résultats on pourra envisager la péridurale. Pour l'instant je gère la douleur, j'ai chaud et j'ai des suées froides, mais je gère ...
On m'installe dans la salle d'accouchement. J'apprécie de marcher et de rester un peu debout.
10 heures : l'anesthésiste arrive pour la péridurale (YES !). Le col est dilaté à 6,5 cm. La sage-femme perce la poche des eaux.
Mamour prend le temps d'aller chercher les valises restées dans la voiture et pour aller manger un peu avant que l'agitation prenne place.
La sage-femme m'explique que bébé est encore bien haut, il a la tête dans une position qui le bloque au niveau du bassin (oui, je sentais bien depuis plusieurs semaines ...). Elle lui incline la tête pour l'aider à s'engager correctement. Elle me fait pousser pour activer la descente ... inefficace. Elle m'installe sur le côté pour aider bébé à descendre. Je frissonne alors qu'il doit faire 26°C dans la pièce. On me recouvre d'une grosse couverture.
Je ne sais pas quelle heure il était quand j'ai commencé à pousser pour de vrai, mais franchement j'ai mal ... malgré la péridurale. La douleur est atténuée, heureusement.
" Poussez, poussez ! " Je pousse. Le bébé est encore haut.
" Poussez, poussez ! " Je pousse encore.
" Poussez, poussez ! " " Je vois des étoiles ...". On me donne de l'oxygène entre les contractions, mais franchement, je n'ai pas l'impression que ça me serve. Ça doit servir pour le bébé.
" Poussez, poussez encore ! " "Je vais tomber dans les pommes, je le sens". Je pousse et pousse encore. Je vois vraiment les étoiles. J'ai des suées froides.
Je rouvre les yeux, j'ai froid, je viens de tomber dans les pommes, certainement que quelques secondes, personne n'a remarqué, sauf Mamour qui m'encourage de plus en plus. Je ne sais plus où je suis et ce que je fais pendant quelques secondes avant de reprendre mes esprits et pousser encore.
Puis, d'un coup, à 12h50, il est là, on me le pose sur le ventre, il est tout violet, et pousse un cri rassurant immédiatement. La sage-femme a été obligée de faire une épisiotomieépisiotomie pour accélérer les choses, bébé commençait à fatiguer.
" Vous voulez couper le cordon, Monsieur ?"
" Attendez si possible pour le couper " je demande
" Non, ma p'tite dame, votre bébé a besoin de soins rapidement, c'est pour son bien"
Le papa est obligé de s'y reprendre en trois fois pour couper le cordon ("ça coupe pas leur machin" se dit-il)
Bébé est emporté dans la salle à côté pour être ramené rapidement. On me le pose en peau à peau sur le bidou. Il est déjà plus rose. Il ne se passe pas longtemps avant qu'il commence à chercher le sein. J'essaie de l'aider, mais ces tuyaux, ces perfusions et autres capteurs partout m'empêchent de le tenir et le positionner comme il faut. Il est blottit contre moi pendant qu'on m'appuie sur le bide. Je n'écoute pas ce qu'il se passe.
Je profite de l'instant, ces premiers instants que je n'ai pas pu vivre pour la naissance des filles. Quel régale !
Le placenta ne se décolle pas, cela fait une bonne demi-heure que bébé est né. La sage-femme me prévient qu'elle va devoir aller le chercher ...
Bébé est donc placé en peau à peau sur le papa, qui profite aussi de ces instants délicieux pendant que la sage-femme s'occupe de moi.
Le placenta était "bien collé en haut de l'utérus dans la corne supérieure". 4 point de suture et bébé est à nouveau sur moi.
On m'installe pour une première tété, qui fonctionne du feu de dieu (encore YES !). Il faut attendre 15 heures pour pouvoir quitter la salle d'accouchement. M'en fiche. Je suis avec bébé et Mamour. Attente qui n'a rien à voir avec l'interminable attente pour la naissance des filles.
Départ pour la maternité
J'ai perdu le bouchon muqueux ce matin ...
Les contractions sont rapprochées ...
Coup de fil à la mat'. Verdict : départ pour la maternité pour vérifier où j'en suis, mais ... j'ai ma petite idée.
Je reviens vite pour mettre à jour les posts avant aujourd'hui et bien sûre, ceux d'après !
19 octobre 2009
Je suis encore là
La nouvelle lune n'a eu aucun effet sur moi, je suis encore là ...
Des contractions par ci par là dans la journée, mais douleur supportable et pas vraiment régulières. Donc, p'tit bout prend son temps de grossir. Tant mieux, vu les températures !
C'est agréable de mener une grossesse à terme ... avoir un bébé qui saura téter correctement ... avoir un bébé qui ne sera pas fragilisé par un trop petit poids de naissance ... avoir un bébé dans les meilleures conditions possibles.
Je vis les derniers jours sereinement, en prenant mon temps ... en me disant que c'est lui qui choisira son moment. Son heure sera la mienne.
16 octobre 2009
Accouchement et cycle lunaire
J'entends dire que le cycle lunaire aurait une influence sur les dates d'accouchements. Après tout, c'est une théorie qui ne me paraît pas si aberrante. La lune a bien une influence sur les marées, sur la nature (certains jardiniers respectent les lunes pour tailler ou semer). Le cycle lunaire est de 29 jours (il me semble), les cycles menstruels d'une femme sont de 28 jours.
La prochaine nouvelle lune est dimanche prochain. La prochaine pleine lune est le 2 novembre (mon accouchement est prévu le 1er novembre selon la sage-femme.
On verra ...
Votre théorie / expérience sur le sujet ?
16 juin 2006
L'arrivée des filles
Après un petit roupillon, on m'annonce qu'il faut commencer à pousser.
D'accord.
20 heures 30
Je mets en pratique pour la première fois mes "cours d'accouchement". J'inspire un bon coup, je bloque et je pousse, je pousse, je pousse... et encore une fois. J'inspire, je souffle et je pousse ....
J'en peux déjà plus après plusieurs séries. J'ai la tête qui tourne. Mon chéri me vaporise de l'eau sur la figure. Je suis assoiffée.
Une sage-femme continue à chercher J2 au monitoring. Décidément, on l'aura cherché tout l'après-midi. Elle se sera montrée que par intermittence, juste de quoi rassurer tout le monde.
"Ça y est ! je vois la tête ! Y'a pleins de cheveux ! Tu y es presque ma chérie, continue comme ça ! Je suis fière de toi"
Oui, je fais comme je peux. J'inspire, je souffle (ou je bloque, selon les étoiles devant les yeux) et je pousse.
21 heures 15
Enfin, Inès sort. On me pose ce petit être sur la poitrine, les yeux tous fripés. Elle me regarde. "C'est toi ma maman". Mais on me l'enlève aussitôt.
On me laisse reprendre mes esprits, "on attend que J2 redescende". La poche de J2 est percée. On continue à tournicoter avec la sonde du monitoring sur mon ventre. Décidément, elle joue à cache-cache.
Au bout d'un moment, on me dit de recommencer. Et c'est repartie pour un tour.
"Il va falloir donner un peu plus là madame. Il faut la sortir la deuxième".
"Oui, vous êtes gentils, mais là, la péridurale elle commence à ne plus faire effet et je suis un peux HS"
"Aller un peu de courage. On pousse encore et si ça n'avance pas, il va falloir que le médecin l'aide"
Intérieurement, on se dit "aller cocotte, t'as fait le plus long. Tu vas pas te dégonfler comme ça"
Et je pousse, mais je sens que ce n'est pas assez. Finalement, Gygy est arrivééée. Il m'a expliqué que la puce n'était vraiment pas loin, qu'elle n'avait plus qu'à pivoter pour sortir toute seule. Avec l'aide de spatule elle a fait tournicoti, j'ai poussé et...
21 heures 40
... Lyla est sortie.
On me l'a posée sur la poitrine. Qu'est-ce qu'elle ressemble à sa soeur ! Un petit regard. "C'est toi ma maman".
Puis je me suis retrouvée dégonflée et mes petits bouts dans la pièce à côté dans toute l'agitation.
Inès, 1,780 kg, 43 cm
Lyla, 1,900 kg, 44 cm
Péridurale
14h00
A peine arrivée et installée dans la salle de travail, on me fait la péridurale. Seulement, voilà, au bout de 10 minutes, je ne sens plus du tout ma jambe gauche et je continue à sentir toutes les contractions. Je n'en manque pas une miette.
Ça fait bien un moment que je suis dans la salle de travail. On m'a expliqué comment ça allait se passer. On m'a branché le monitoring et impossible de capter le coeur de J2 correctement. J2 n'arrête pas de bouger (c'est signe que ça travaille).
Mais seulement, là, j'aimerais bien avoir une péridurale qui marche ! Les contractions toutes les minutes, je sais gérer (merci la préparation) mais au bout d'un moment, je n'arrive pas à récupérer.
Le pouce de mon chéri, présent depuis le début va devenir bleu à force. Il a même enlevé son alliance qui lui sciait les doigts.
Dans le couloir j'entends une femme arriver pour accoucher elle aussi. Au bout de même pas 10 minutes je l'entends hurler (mais le mot n'est vraiment pas assez fort). Des hurlements horribles. On devait l'entendre dans tout l'hôpital ! On m'explique gentiment que c'est normal, que le col s'est ouvert très rapidement et qu'elle n'a pas eu le temps d'avoir la péridurale.
Non mais là ça ne me rassure pas Madame ! Moi la péridurale je l'ai eu, mais je sens toujours tout. Je ne veux pas avoir à crier pareillement. En connaissant mon seuil de douleur je sais que si je crie comme ça, c'est que je vais avoir très très mal.
L'anesthésiste revient me faire une injection. Bingo : tout dans la jambe gauche. On pourrait m'amputer cette jambe que je ne sentirais rien. Mais dans le bide là, je le sens comme il faut.
Je commence à paniquer sérieusement... il va falloir que je me concentre davantage.
18h00
Ce n'est qu'à la relève des médecins qu'un autre anesthésiste constate que c'est piqué à côté et que je ne risquais pas d'être soulagée. Il arrache tout et repique en sifflant Indiana Jones: "tatata tatata".
Et ça marche !
Je pique du nez...
La salle de travail
Je rentre en salle de travail après une petite douche bienfaisante.
Pour traverser le couloir qui mène au bloc, je fais une pause tous les 3 pas. La sage-femme me masse le dos à chaque arrêt.
Ce couloir est interminable. Mais je m'accroche parce que je sais qu'en marchant, ça aide bébé(s) à descendre et bien se positionner (la préparation à l'accouchement ça a du bon!).
C'est plus sérieux
Ça y est, je commence a les sentir. Des contractions toutes les 10 minutes. C'est donc ça. Ça n'a rien à voir avec les contractions pendant la grossesse. Là c'est du sérieux.
La flotte
2 h 20
Je me lève pour la nième fois pour aller aux toilettes.
Habituellement, chaque fois que je me lève il me demande "ça va?", mais là, il dort à poings fermés.
Bizarrement, ça coule et je ne contrôle rien. Le débit est plutôt bizarre.
M... ça y est je perds les eaux.
Pas de panique. Je vais le réveiller (pour une fois qu'il dormait bien) pour le prévenir.
Il me dit "tu te fous de ma gueule" dans un demi-sommeil.
"Non non, c'est vrai, j'appelle la mat".
Il se lève sans panique. Calmement, il prend sa douche et commence à charger la voiture.
3h34
Nous arrivons à la maternité. Je n'ai aucune contraction. Du moins je n'en sens pas.
Une sage-femme me dit qu'ils vont essayer de me faire tenir encore une semaine. Je ne suis qu'à 35 SA. Couchée, c'est tout à fait possible, le liquide amniotique se renouvelle.
Une fois qu'elle m'a auscultée, elle me dit que finalement, ça ne tiendra pas une semaine et que les petites puces vont bel et bien pointer le bout de leur nez.
5h30
On m'installe dans une chambre seule. Mon chéri a le droit de rester sur un lit de camp. On me conseille de dormir. Je m'exécute.
7h30
On sert le petit dej'. Si j'y ai le droit, volontiers.
J'aurais bien aimé dormir un peu plus longtemps, mais l'heure, c'est l'heure !
Je n'ai toujours pas de contractions. Tant mieux. Et en plus j'ai encore le sourire.












