Il se passe plusieurs heures, on ne les compte pas. On attend. On ne sais pas combien de jours cela va durer.

Ce matin, comme tous les jours dès qu'on se réveille, on va voir nos puces. Le pédiatre nous intercepte "je voudrais vous voir avant, je viens vous voir dans votre chambre (la mienne pas celle des filles)".

On repart, la peur au ventre. Qu'est-ce qui se passe. On nous a dit que tout allait bien. Pourquoi il est si long à venir.

"Alors, voilà, il va falloir évacuer Lyla sur Toulouse en réanimation à Purpan, dans les plus brefs délais. L'hélicoptère su SAMU va arriver. Elle a un pneumothorax. Il va falloir lui faire un drain et l'intuber pour l'oxygéner.
Vous pouvez aller la voir rapidement avant que je pose le drain et après, le SAMU l'emmènera à Toulouse."

Dans ces cas là, tout s'écroule. Tout allait bien ! Mais pourquoi ?

Notre puce respire très difficilement. On nous explique qu'il y a une poche d'air entre le poumon qui s'est décollé et la cage-thoracique. Il faut faire un petit trou pour aspirer l'air et le liquide qui se forme.
Il y a un autre pneumothorax de l'autre côté. Mais celui là est moins important. Une insufflation (aspirer avec une seringue) suffira.

L'opération dure très longtemps. Trop longtemps à notre goût.

Quand nous revenons la voir, Lyla a les mains attachées en l'air et les pieds attachés en bas (position pour écarteler). Elle nous regarde avec un souffle court avec des yeux que je ne pourrai plus jamais oublier. Ce regard de souffrance extrême restera gravé dans ma mémoire à jamais.

Et juste à ce moment là, le SAMU arrive. Place notre petit coeur dans un couveuse et l'emmène vers l'hélico. Je me presse de donner un petit doudou, un petit quelque chose qui lui était spécialement réservé mais qu'elle n'a pas pu avoir depuis qu'elle est née. Ils acceptent de l'emporter avec elle.

Je retourne dans ma chambre et j'attends. J'entends d'abord puis je vois l'hélico s'envoler et partir vers Toulouse. J'ouvre la fenêtre pour entendre le bruit le plus longtemps possible. Puis plus rien.
Une sensation de vide complet m'envahie... je reste dans ma chambre et je pleure...

Inès va bien. Je m'accroche à cette idée. Je reste avec elle pour lui raconter tout se qui arrive à sa soeur.

Bien que cela fasse à peine 3 jours que j'ai accouché, on me donne l'autorisation de sortir l'après-midi pour aller voir mon trésor à Toulouse.

On ne m'a toujours pas fourni de tire-lait pour stimuler la montée de lait. Mon chéri est allé me chercher le mien à la maison. Je pourrai en apporter à Lyla cet après-midi j'espère.